26 juin 2009
Live and let die
Oui. Je sais ce que vous pensez, tout bas. Si, si, je sais. Vous vous dites "tsss, elle est pas gonflée, celle-là, à négliger son blog, alors qu’elle est coincée chez elle avec son plâtre à la jambe et plein de temps libre, dis donc".
C’est pas faux. J’irais carrément jusqu’à dire, si j’étais honnête avec moi-même (mais bon, faut pas pousser) que je suis sacrément culottée.
Seulement voilà, il y a des fois où ça veut pas. Ca veut plus. L’inspiration s’est barrée en même temps que la mobilité de ma jambe droite, l’envie n’est plus au rendez-vous. Et si le temps disponible pour écrire est là (ah ça, oui, il est là), il est occupé à moult choses variées, autres que piapiater ici en mode Bridget Jones.
Ca couvait quand même depuis un moment, cette affaire, soyons clairs. Quelques tournants positifs dans ma vie ces derniers mois (un Chéribibi aux petits soins, un changement prochain de boulot plus en accord avec mes goûts et ma personnalité) n’y sont sans doute pas étrangers.
Et par-dessus tout, même si l’envie et le goût de l’écriture ne m’ont pas quittée, j’ai malgré tout cette drôle de sensation que le format « blog » ne me convient plus.
Mon essentiel, aujourd’hui, est ailleurs. Loin du virtuel. Il prend des formes super concrètes, même. Comme l’apprivoisement de mes béquilles, par exemple. Une vraie poisse, ce machin. Vous avez déjà descendu un escalier étroit en béquilles, vous ? Parce que moi, j’y arrive que dalle. Et forcément, quand je me résous à le descendre sur les fesses, comme une gamine de quatre ans, je croise systématiquement un voisin hilare. Merci bien. (Escalier : 1, Katia : 0, Dignité : -12).
L’essentiel, c’est aussi la préparation de mes futures vacances à l’autre bout du monde, pour peu que la santé revienne suffisamment vite. En prévision : quatre jours à Hong Kong, et deux semaines à Bali ensuite. Carrément, ouais. Ah ça, on ne se mouche pas avec le dos de la cuillère, ici, je suis d’accord avec vous. Mais il faudra d’abord que je passe brillamment l’épreuve du feu : la rééducation.
Et le blog, dans tout ça ? Ben il passe clairement au second plan. Voire au troisième. M’enfin, j’imagine que vous aviez déjà senti le vent tourner, non ?
Alors maintenant, quoi ?
On se dit au revoir, merci pour tout, bonjour chez toi ?
On se claque quelques bises virtuelles et on reprend chacun sa route ?
Arg. Pas si facile de refermer la porte, après plus de trois ans passés ici. Le mieux est donc de la laisser entrouverte, cette porte. De se laisser le temps de « vivre », loin des contraintes du billet régulier nécessaire à tout blog vivant. De prendre un peu de recul. Et peut-être, de revenir, un jour prochain, sur la pointe des pieds…
25 mai 2009
Accident de parcours
Je me souviens de Lui me disant ce matin-là en avalant sa tartine "Oups, déjà 9h, faut qu’on mette les voiles pronto". Je me souviens avoir jeté un dernier regard à mon reflet, peu satisfaite de ma coiffure (une fille reste une fille), me disant que le programme du soir était tout trouvé : shampoing, soin nourrissant et brushing appliqué.
Je me souviens du temps frais mais légèrement ensoleillé, déjà à cette heure matinale, annonçant un pont de l’Ascension très agréable. Les premiers vrais jours de printemps, à Paris. Ceux qu’on guette avec impatience, avec l’envie de ressortir de la penderie toutes ces petites tenues légères, vaporeuses et colorées. Je me souviens avoir pensé, en grimpant à l’arrière du scooter, que c’était vraiment un temps idéal pour se balader en deux-roues, et éviter les couloirs crasseux et sombres du métro.
Je me souviens de nous, à l’arrêt, Lui se tournant légèrement pour me parler au plus près de l’oreille, malgré nos deux casques. Des mots doux et gentils, une blague sur la soirée d’hier, un truc à ne pas oublier de faire dans la journée. Je me souviens avoir ri, et promis de m’en occuper dès mon arrivée au bureau.
Je me souviens de la file de voitures qu’on longeait à allure modérée, pour rejoindre le feu rouge, cent mètres plus haut. Je me souviens de celle, sur notre droite, qui décide brusquement de faire demi-tour, sans regarder dans ses rétros, sans vérifier que la voie est libre. Je me souviens du quart de seconde où je vois venir l’accident, inévitable, incontournable, et penser au fond de moi "oh, merde…".
Je me souviens du bruit de l’impact net et vif du scooter contre l’aile de la voiture. Je me souviens avoir été projetée dans les airs, sans repère, sans contrôle. Je me souviens que la terre semble tourner autour de moi, jeu de cabrioles macabres et involontaires. Je me souviens de l’atterrissage violent sur le bitume, de mon flanc gauche qui absorbe le choc, et du bruit sourd du casque cognant sur le tarmac.
Je me souviens être allongée là, sur le sol, sans pouvoir bouger, ni seulement oser essayer de bouger. Je me souviens de mes pieds nus, desquels mes petites ballerines ont glissé, et de la chaleur qui se diffuse dans mes jambes, mélange de douleur et d’engourdissement. Je me souviens de Lui, déjà relevé, se penchant vers moi pour vérifier que je suis consciente, puis de l’entendre gueuler sur le chauffard abasourdi. Je me souviens d’un autre type sortant de son véhicule, clope au bec, disant qu’il sera témoin, que le chauffard est en faute, et qu’ils ont déjà appelé les secours.
Je me souviens être étendue, par terre, angoissée et sonnée, dans l’attente de quelque chose qui semble mettre une éternité à venir. Je me souviens des badauds qui s’attroupent à quelques mètres de là, et des sirènes que j’entends au loin, chant familier et récurrent de la ville, mais qui prend une toute autre épaisseur lorsqu’on sait qu’elles chantent pour nous. Je me souviens, étrangement, des multiples épisodes d’Urgences ou de Grey’s Anatomy que j’ai pu voir, et je me dis que ça fait bizarre d’avoir l’impression d’être projetée en plein dedans.
Je me souviens des flics, des pompiers et du Samu, actifs autour de moi, qui à me demander ma pièce d’identité, qui à me toucher les orteils pour vérifier que je ressens quelque chose, qui à me triturer la colonne vertébrale et le bassin pour mesurer l’urgence des premiers secours. Je me souviens des premières manipulations de la jambe qui me font hurler de douleur. Je me souviens des secouristes découpant mon jean pour arriver à atteindre les blessures, et de moi pensant connement avant de leur donner l’autorisation de le faire : "C’est un vieux Gap, c’est bon, découpez !".
Je me souviens de leurs infimes précautions pour parvenir à me rallonger droite, sur le dos, et à me hisser sur un brancard. Je me souviens de la mise sous perfusion, de la prise de sang d’urgence, et des contrôles de constantes vitales, effectuées en pleine rue, dans le brouhaha des voitures qui continuent à passer au compte-goutte derrière moi, contrôlées par un agent de la circulation.
Je me souviens ensuite de la mise à l’abri dans le camion des pompiers, afin de procéder à un examen plus minutieux. Je me souviens avoir été contente d’avoir choisi des sous-vêtements plutôt jolis ce matin-là, tandis que les médecins tentent de me déshabiller pour placer des électrodes sur tout le corps. Je me souviens avoir demandé de Ses nouvelles, pendant qu’il se faisait ausculter de son côté, et demander à pouvoir prévenir mon bureau, pour dire que non, aujourd’hui, je ne viendrai sans doute pas travailler…
Je me souviens du transport vers le service des urgences le plus proche, des soubresauts du camion à chaque irrégularité du bitume, ravivant la douleur malgré l’attelle de protection placée en attendant sur la jambe droite. Je me souviens du brancard défilant sous les néons blafards des couloirs de l’hôpital, de cette odeur indéfinissable qui rode en permanence dans les établissements de soins.
Je me souviens des nombreuses prises de sang, piqûres anti-tétanos, contrôles de tension et de battements cardiaques. Je me souviens des radios et des scanners pris sous tous les angles. Je me souviens des compresses de Bétadine venant nettoyer et désinfecter les multiples plaies et écorchures.
Je me souviens de l’attente, longue, douloureuse, interminable, tout en Lui tenant la main. Je me souviens de l’angoisse, de l’imagination du pire des scénarios. Je me souviens des quelques larmes qui, enfin, finissent par couler sur mes joues, retenues si longtemps par le choc et l’enchaînement des événements.
Je me souviens du verdict du médecin chef : fracture du genou droit, légère fracture à la hanche gauche, lésions au foie, multiples plaies, hématomes et contusions. L’opération de la jambe est écartée pour le moment. Immobilisation du genou par quarante-cinq jours de plâtre minimum (de la cuisse à la cheville), des injections quotidiennes, et du repos. Beaucoup de repos.
Je me souviens avoir pensé à tous mes projets qui ne pourraient pas se réaliser tout de suite, à tous les week-ends programmés pour cet été, qui d’un coup cédent la place à une immobilisation forcée chez moi, cloîtrée derrière mes fenêtres, à ne pouvoir profiter du soleil que par procuration. Je me souviens aussi avoir pensé que, dans mon malheur, j’étais chanceuse, et que les conséquences auraient sans doute pu être pires.
Je me souviens, même si j'aimerais oublier. Et l'écrire ici m'aide simplement à accepter les choses du mieux que je peux.
12 mai 2009
Train-train d'enfer
"Le p’tit train s’en va dans la campagne", qu’elle nous chantait, l’autre Mitsouko. Ah ? Oui, d’accord. C’était pas d’une grande philosophie, certes. Mais ça avait au moins le mérite d’être un peu plus mystérieux et poétique que les voix robots d’aujourd’hui, annonçant que "le TGV 6827 de 17h09 en provenance de Marseille-Saint Charles entrera en gare voie 17". Parce que là, bonjour le romantisme et l’inattendu, quoi.
Le train, moi, à la base, j’aime bien. Arriver un poil en avance pour passer au Relais H acheter des bons magazines de merde et un paquet de m&m’s pour le voyage ; poireauter devant le grand panneau d’affichage en attendant de connaître le quai d’embarquement ; galoper sur toute la longueur de la gare parce que, évidemment, je suis en voiture 18 et le train commence à la voiture 1 ; pester mentalement contre la Sncf pour ces foutus rangements de valises ; finir par m’échouer comme une baleine sur mon siège, enfin, et me créer mon petit espace à moi le temps du voyage. Tout ça, j’aime.
Ce que j’aime moins, en fait, c’est les autres voyageurs (ça vous aurait étonné que je dise l’inverse, je parie). Oui, je sais, on est tous le relou de quelqu’un d’autre. N’empêche que parfois, c’est à se demander si les gens ne le font pas exprès.
Déjà, le jour où certains comprendront que non, franchement, on s’en fout de les entendre raconter par le menu dans leur Iphone que "j'ai négocié à 68 KE en fixe + variable + stock options, sinon c'est même pas la peine d'en parler", que "j’ai vendu le projet à Chabat, il a surkiffé mon idée, on se voit next week à Ibiza, tu vois ?" ou que "trop une chaudasse, la meuf, non mais tu l’aurais vue, en plus, des nibards, je te raconte pas * ", l’humanité aura fait un grand pas. Mais j’ai comme l’impression que les poules auront des dents avant, en fait.
Vécu aussi, le type qui se mate l’intégrale de son film avec son voisin sans casque audio. Et bien sûr, le film, c’était pas la ‘La leçon de piano’, hein. Mais personne ne moufte, parce que le mec est barraque comme Joe Starr, et que manifestement, on ne veut pas finir avec la même dentition que lui, si le bonhomme en venait à s’énerver.
Dans un autre genre, la mère de famille « exemplaire » (ahem) qui tient à montrer à tout le wagon à quel point elle est douée pour faire apprendre à sa fille les tables de multiplication : « Et 3 fois 8 ? Tu sais pas combien ça fait, 3 fois 8 ? Mélissa ? Combien ça fait, 3 fois 8 ? Réponds, Mélissa ! 3 fois 8 ? ». Résultat : une gamine terrorisée et en pleurs, une mère hystérique, et une envie irrépressible de lui envoyer à la tronche une Texas Intrument flambant neuve, pour la peine.
Je passe sur les ados (ou moins ados) qui se démènent sur Nintendo à grands renforts de tzouinnnng, baaaam et wiiiizzz bien sonores (et ton casque, petit, ça sert à décorer ton sac ?), les papys-mamys qui n’ont pas bien réglé le sonotone (« commennnnnnnt ? qu’est-ce que tu diiiiiiiiiiiiis ? »), ou les agités du bocal qui ne peuvent pas tenir en place plus de cinq minutes.
Intolérante, moi ? Oui, certainement. D’une nature super calme, j’apprécierais vachement que les autres en fassent autant. C’est quand même pas pour rien que ça s’appelle les transports publics, non ? On n’est pas chez mémé, ici ?
Dans ce cas, rien de plus efficace que d’aller prendre un peu l’air (façon de parler) hors du wagon. Encore que. Suffit d’être postée debout près d’une fenêtre pour qu’on vous prenne pour une hôtesse d’accueil. « Vous savez où sont les toilettes ? », qu’on m’a demandé, l’autre fois. Heu, attendez, je crois que c’est deuxième à droite puis première à gauche. Tssss, c'te blague ! Chercher les toilettes dans un train… comme si en marchant un peu (tout droit, donc), on n’allait pas forcément tomber dessus !
Tiens, parlons-en, des toilettes, justement. Je ne sais pas comment les gens se démerdent pour foutre un tel souk là-dedans en si peu de temps, mais passée la première demi-heure de trajet, considérez que votre envie de pipiroomer est égale à une mission commando. J’aime autant vous dire, par exemple, que si vous y allez en tongues, c’est une très très mauvaise idée. Et je ne mentionnerai même pas cet odieux PQ farce et attrape, qui n’a de papier que le nom.
Pour finir (parce qu’il faut bien finir un jour), je voudrais qu’on m’explique un truc. Non parce que vraiment, je ne comprends pas : pourquoi la plupart des gens se lève et commence à attraper ses valises au moins dix bonnes minutes avant l’arrivée du train en gare ? Hein ? Pourquoi ? A quoi ça sert, bordel ? (A part emmerder celles et ceux qui voudraient lire ou dormir peinards jusqu’à la toute fin du voyage, j’entends).
Encore, quand il s’agit d’un arrêt provisoire, que le train marque seulement trois minutes de stop, je pourrais comprendre qu’on s’agite un peu les grelots pour être sûr de ne pas louper son coup.
Mais au terminus ? A quoi ça sert de poireauter gaiement dans les allées du tgv en titubant à chaque tournant, la valise posée sur l’accoudoir d’un siège qui n’est pas le sien, l’imper replié sur un bras, la cage du chat en équilibre sur l’autre, quand on sait que le train ne s’arrêtera vraiment que dix minutes plus tard. Et qu’on aura alors tout le temps de descendre !
Franchement, vous imaginez un peu le même merdier dans les avions ? Non. Bon, alors ? Y'en a quelques uns qui mériteraient de se faire botter le train, justement, hein...
* Hop ! Par ici la requête Google de taré en surchauffe du slip. Merci bien.
28 avril 2009
Heart of glass
Comme j’aime bien être à la méga pointe de la branchouillerie parisienne (rires en fond sonore), j’ai décidé la semaine dernière d’aller tester le dernier concept-bar du groupe Murano, ouvert il y tout juste… pfffouuu… trois ans. Oui, pour l’effet de nouveauté, on repassera, je sais. Mais j’avais en ma possession une (vieille) invitation à aller découvrir le fameux Ice Kube bar, et je trouve que ça aurait été dommage de mourir idiote sans même avoir été coller mon museau là-dedans.
« Mais koitesse que le Ice Kube bar ? », que vous braillez tous en chœur en tapant du pied, assoiffés de découvertes trendy, et ébahis devant la branchitude extrême de ma vie parisienne. Calmos, les jeunes, calmos. Je vous explique : basiquement, c’est un bar entièrement fait de glace, dans lequel on vient se les peler pour boire un petit coup qui réchauffe (généralement de la vodka, puisque ce sont souvent ces marques qui sponsorisent le bidule). Le concept n’est pas tout neuf ; celui de Paris a ouvert il y a déjà moult, et a fait des émules dans pas mal de villes « festives » comme St Trop’ ou Barcelone.
Sitôt la réservation faite, ni une, ni deux, j’enfile une jolie robe et des talons (oui, parce que malgré ce que je racontais dans ce billet, j’essaye quand même de faire des efforts en ‘fillitude’) histoire de faire honneur à la découverte du jour, j’embarque Chéribibi sous le bras, et nous voilà partis pour une expérience givrée.
Avant de pénétrer dans l’igloo, on se fait briefer un chouïa sur ce qui va suivre :
* - 12°. C’est la température du lieu (autant dire que le coup de la petite robe mimi était rudement bien trouvé, pour l’occasion. Je me félicite haut et fort).
* Trente minutes. C’est le temps qui nous est imparti dans le bar glacé (apparemment, au-delà de ce timing, les gens pleurent et tambourinent sur la porte pour qu’on les laisse ressortir vivants. Tout de suite, ça donne envie, je trouve).
* Quatre cocktails. C’est le nombre de verres qu’on pourra déguster dans l’enceinte glacée (et vu qu’on a choisi l’heure de l’apéro et qu’on n’a rien dans l’estomac, je sens qu’il y en a une qui va rouler sous la table fissa. Je ne vise personne).
On nous refile ensuite des doudounes et des gants polaires, histoire de ne pas mourir de froid dès les cinq premières minutes. Ah ouais, d’accord… ça valait doublement la peine de sortir la robe, si c’est pour au final ressembler au casting de « Babar part au ski ». Chéribibi est mort de rire avant l’heure (je me demande ce que ça va donner, lui, après les 4 vodkas, s’il est déjà à moitié shooté ?).
Après un passage en sas d’adaptation (genre à 5°), nous voilà dans le bar glacé. C’est joli. Petit, mais joli. Coloré aussi. Des sièges en glaces sont installés au fond de la pièce (t’as raison, je vais poser mon popotin dessus, pour rester collée à cause du verglas !), un igloo trône dans un coin, des guirlandes de gros glaçons pendouillent ça et là. Sur le bar, les verres en glace sont alignés, et le premier cocktail est servi.
(Note : les photos sont intégralement repompées sur www.linternaute.com. Ah ah, bien sûr que si, j’avais un appareil photo. Dans mon sac. Mais vous ne croyez quand même pas que j’allais me geler les doigts pour le sortir, si ?)
Ok.
Bon.
« Et ensuite ? », me direz-vous.
Ben, ensuite, soyons clairs : on se fait légèrement chier.
Une fois qu’on a testé que oui, la température est moins froide dans l’igloo (sont pas cons, hein, ces esquimaux, quand même), et que non, on ne va pas piquer un petit sprint ou sauter sur place pour se réchauffer, rapport aux talons (encore une bonne idée, ça !) qui patinent copieusement sur le sol glacé, ben… on se dit juste qu’on a froid. Très, même.
Je reste donc rivée au bar, grelottant dans ma doudoune glamour, à m’enfiler cul sec siroter voluptueusement les boissons proposées.
…
Dois-je rappeler que j’étais à jeun ?
Dois-je faire un dessin de la situation qui se profile sous vos yeux de lecteurs esbaudis ?
Inutile, je pense…
Les trente minutes passées, nous regagnons le monde civilisé avec l’impression d’avoir des mister freeze à la place des doigts. Ma démarche sur talons hauts se fait de plus en plus chaloupée malgré moi : on pourrait presque dire que je danse le tango toute seule. Je me cramponne fort à Chéribibi pour ne pas me casser la gueule, d’autant que certains fourbes ont eu la sombre idée de placer leur bar d’alcoolique en haut d’un long escalier (si ça, c’est pas un traquenard ?) qu’il faut maintenant redescendre en gardant l’air décent et un tantinet glamour. Ahem.
Vite, vite, trouver un endroit où dîner ! Ohhhh, ben tiens, sont pas cons, au Kube. Il y a un restaurant juste là, en bas, prêt à nous cueillir ronds comme des queues de pelle. Et pas un autre resto à moins de cent mètres du lieu paumé où ils sont allés se planquer. (Surtout quand cent mètres en talons représentent l’équivalent du Paris-Dakar pour moi). Gagné ! On s’écroule sur les canapés, prêts à dévorer n’importe quoi pour éponger un peu cet apéritif alcoolisé, et faire revenir la température à quelque chose de plus doux.
Mon verdict : bien, mais pas top. A faire entre copains (nombreux, pour chauffer l’ambiance), et plutôt le week-end, pour y trouver du monde. Pas donné non plus : 38 euros la demi-heure de congélation intense, avec dégustation de quatre cocktails incluse.
(Et bilan personnel : une angine bien frappée. Qu'on ne vienne pas me dire que je ne me sacrifie pas pour mes lecteurs, après, hein ?)
Ice Kube Bar
1-5, Passage Ruelle – 75018 Paris
20 avril 2009
1, 2, 3, Soleil
Hé ben c’est pas tout ça, les enfants, mais on papote on papote, et puis l’air de rien, ça fait quand même trois ans que ça dure, ces conneries de blog et compagnie.
Ah ouais… J’aurais pas dit, moi non plus, hein ?
Alors bon, on va s’épargner ensemble le traditionnel couplet sur « oh la la, mais si j’avais su qu’au bout de trois ans, je serais encore là… » (parce que non, je ne savais pas), et le décompte passionnant du nombre total de posts, commentaires et nombre de pages vues (parce qu’on n’est pas chez Wikio ici, non plus).
D’autant que là, à vrai dire, j’ai pas super le temps de détailler (ah bah oui, y’a des jours, comme ça…).
Mais quand même. Trois ans. Moi je dis : bien ouèj.
Trois ans, c’est pas rien :
- C’est plus vieux que la plupart des fringues de ma penderie (faut dire aussi que j’ai un taux de turn-over assez spectaculaire),
- C’est l’âge de ma super-banner-trop-ringarde, à quelques mois près (des semaines que je veux la changer, et puis en fait, j’ai toujours mieux à faire de mes week-ends que du photoshop)
- C’est la durée qu’il m’a fallu pour lire l’intégralité de A la recherche du temps perdu, et encore… en sautant des pages (et je confirme que j’ai bien perdu mon temps, d’ailleurs),
- C’est le temps que dure l’amour, selon Beigbeder (mais lui, il est légèrement frappé du ciboulot).
Allez, hop, tournée générale de Ginfizz pour tout le monde ! Y’a des rondelles de citrons déjà coupées, des glaçons dans le congélo et des pailles dans le placard. C’est trop jour de fête ! Tchiiiiiinnnn !





